Préambule

Toute prospection archéologique s’appuie pour beaucoup sur la toponymie aussi on ne s’étonnera pas de trouver ici quelques pages qui lui sont consacrées.

Il s’agit essentiellement d’un humble travail de collecte voire de cartographie sur les communes de Serra di Scopamene et de Sorbollano.

La base de ce travail repose sur le listage des noms de parcelles de l’ancien cadastre dit cadastre Napoléonien (deuxième moitié du dix neuvième siècle) à partir de l’état des sections de celui-ci disponible aux Archives départementales pour toutes les communes du département voire à la mairie de la commune concernée.

On peut compléter la quête en épluchant les cartes de Plan Terrier dressées un siècle plus tôt ou en écrémant les anciens registres de notaires.

Cette collecte étant effectuée il faut la passer au crible de la tradition orale afin de transformer l’ « écriture » toscane des anciens documents dans la langue vernaculaire.

C’est à ce moment là que l’on mesure les limites de l’une et l’autre source car si la tradition orale enrichit la documentation écrite il faut bien reconnaître que beaucoup de toponymes de celle dernière sont inconnus aujourd’hui.

Assez curieusement, c’est notamment le cas des toponymes partagés avec les communes limitrophes, sur les lignes de crêtes par exemple.

En tout état de cause, de tels travaux ne sont jamais achevés car chaque villageois apporte son écot à la récolte. L’enquête de terrain est d’ailleurs l’aspect le plus enrichissant de la démarche.

En effet il suffit de citer un toponyme pour déclencher la parole et voila qu’apparaissent alors des visages anciens, des anecdotes, des bergeries, des fours à tuiles….

Il en est ainsi d’une conversation à Sorbollano au sujet de San Stefanu où nos interlocuteurs se sont souvenu avec hilarité du projet avorté d’une expédition nocturne dans le village voisin afin de « récupérer » la statue du saint (voir plus loin).

Ce fut un moment très réjouissant pour nous, pauvres enquêteurs, qui manipulons les toponymes comme des ossements d’entendre les villageois les évoquer comme s’il s’agissait d’êtres de chair et de sang !

Dans un deuxième volet, nous avons développé quelques lignes sur certains lieux dits. D’aucuns pouvaient apparaître comme des avatars vu leur singularité mais on verra que les choses ne sont pas si simples.

Par contre, la récurrence de certains autres nous a incité à investir le terrain.

Enfin, nous avons aussi consacré un paragraphe à Rinucciu Della Rocca car il s’agit incontestablement du personnage de l’Histoire de la Corse qui a le plus marqué la toponymie de son territoire.

En conclusion, nous espérons, à terme, être autorisés à mettre en ligne un corpus de trente six mille toponymes dont l’essentiel a été publié par la FAGEC dans ses cahiers.

Ce corpus représente environ le tiers des communes de la Corse et même si sa valeur scientifique est inégale, il est tout à fait digne d’être à la disposition de tous.

Bonne lecture.

Dominique MARTINETTI

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