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Conférence sur les femmes préhistoriques de Corse

Le 9 mars 2019, à 14h30, au musée de l’Alta Rocca à Levie, conférence sur les femmes préhistoriques de Corse.


Lors de cette présentation, on cherchera à définir le statut des femmes durant la Préhistoire – au sens large – de la Corse, depuis les premiers insulaires du Mésolithique (10000-6000 avant J.-C.) aux premiers colons grecs et étrusques d’Alalia (autour de 500 avant J.-C.), soit une dizaine de millénaires pour lesquels les sources sont particulièrement fugaces et fragmentaires.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il sera important d’évoquer certains préjugés sur les femmes préhistoriques, véhiculés par les films et les romans autant que par la publicité et les manuels scolaires, notamment concernant leur rôle social et leur accoutrement. Au sein de ce panorama, la Corse n’est que peu concernée, au point qu’il faut aller chercher dans la bande dessinée ou chez les auteurs romanesques du XIXe siècle quelques considérations qui figent ces dames insulaires dans des clichés aussi marqués que ceux appliqués à leurs consœurs préhistoriques. En conséquence, l’addition « femme + Préhistoire + Corse » promet d’être salée en termes d’idées reçues et mérite surtout d’être réévaluée à la lecture de données réelles et non fantasmées.

En premier lieu, il s’agit de définir l’objet d’étude : la femme. On cherchera d’abord à le faire selon une perspective physique, organique et ostéologique. Puis nous nous intéresserons à une focale bien plus intéressante pour nous – car totalement culturelle – celle du genre, à travers quelques exemples (notamment la distribution chromatique des représentations sexuées/genrées ou l’idée subjective de « beauté féminine » à travers l’exploitation des moteurs de recherche en ligne). Ce second volet sera illustré par des cas archéologiques européens, académiques comme dans le cas des nécropoles du Bronze moyen d’Italie, ou atypiques comme pour certaines tombes britanniques de l’âge du Fer. L’idée générale sera ici de poser un cadre général avant de se pencher sur les informations relatives à la femme et au féminin fournies par nos contextes corses.

Le casting de la Préhistoire insulaire est dominé par une tête d’affiche : la dame de Bonifacio, de laquelle on parlera abondamment. Moins connues sont les demoiselles de Campu Stefanu et d’Alalia, dont l’histoire ne manque également pas de gouaille. Par la suite, nous laisserons nos mortes pour évoquer les représentations féminines, peu nombreuses sur l’île, dont la plus connue est la statuette de Campu Fiureddu, conservée au British Museum. Sur ces aspects, qui touchent au style et au maniérisme, on tient à ouvrir le questionnement sur d’autres contextes méditerranéens, notamment la Sardaigne, Malte et Crète, où les représentations féminines sont bien plus présentes et diversifiées. On cherchera également à savoir comment les figurations masculines pouvaient se manifester comme un négatif de la perception des femmes, tout en slalomant entre quelques écueils méthodologiques souvent évidents, parfois subtils et latents, mais toujours lascifs. Enfin, on terminera notre promenade paléogynique en invoquant l’apport de l’ethnographie aux problématiques liées au sexe et au genre, notamment quant à l’organisation socio-familiale du travail, avec un exemple révélateur pour l’âge du Bronze du sud de la Corse.

En guise de conclusion, on rappellera que ce travail n’est qu’indicatif et que le sujet annoncé en titre n’est qu’un prétexte, un clin d’œil voulu malicieux à un thème trop peu documenté pour être synthétisé. L’objectif liminaire était simplement de proposer une exégèse anthropologique (au sens social du terme) et relativiste à bon nombre (trop) d’idées reçues que les êtres humains ont sur eux-mêmes, et dont certains relents remontent parfois à la surface de l’actualité.

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