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D’une maison à l’autre… Accès et cheminements aménagés

On se propose ici de développer une réflexion sur les espaces dédiés au cheminement à Cuciurpula. Bien que l’étude n’en soit qu’à ses débuts, il est possible de conclure à une double typologie des cheminements aménagés sur le site. Les chemins « horizontaux », parallèles aux courbes de niveau, ne sont pas à proprement parler « structurés » ; ils consistent en un simple désencombrement linéaire des accès. Les chemins « verticaux », perpendiculaires aux courbes de niveau, sont ceux qui ont nécessité le plus d’aménagements : rampes, chicanes, terrassements, etc., car leur fonction est de corriger et rendre plus acceptables les dénivellations naturelles. C’est cette seconde catégorie que nous évoquerons ici.

Mur de soutènement formant le premier lacet du chemin A

Lors des campagnes de fouille 2010 et 2011, plusieurs axes de passage et aménagements viaires ont été repérés lors de prospections. Reliant entre elles les habitations, ces chemins comprennent de nombreuses infrastructures. Ainsi, on remarque la présence de murs de soutènement bâtis à l’aide de pierres stables, de petit ou moyen calibre. Cette méthode d’appui permet de maintenir l’aire de marche tout en conservant un drainage suffisant. Pour faciliter la circulation, certaines portions des chemins qui présentent de fortes déclivités ont fait intervenir un remblayage en pierre. Une fois ces infrastructures créées, on peut penser qu’elles ont été enterrées sous un niveau de terre battue comme semble l’attester la présence de pierres installées de chant en bordure de la chaussée aux endroits où l’eau aurait pu emporter le remblai de terre, mais aussi le fait qu’une fois la couche d’humus retirée, certaines portions des chemins sont difficilement praticables.

Vue aérienne d’une rampe et de sa calade près des maisons 6 et 9

Au-delà de la simple circulation des personnes, les chemins aménagés devaient aussi servir au débardage des troncs tirés des friches forestières probablement entretenues près du sommet du site. La forme des calades, de même que l’étroitesse de certains passages, impliquent l’absence la non-pratique du battage des animaux pour le transport des éléments lourds.

Même tautologiquement parlant, on note que la volonté d’aménager la circulation, ainsi que l’entretien régulier que ces sentiers devaient demander, laissent penser à un trafic régulier des habitants entre les différentes structures du site. Le fait que cette étude préliminaire montre évidente liaison entre les différents aménagements protohistoriques permet d’établir qu’au moins une partie des chemins est contemporaine de l’occupation du site au Bronze final puis au premier âge du Fer. L’étude des chemins et sentiers sur l’habitat de Cuciurpula offre de nombreuses perspectives de recherche et permet d’affiner notre connaissance de sa structuration, au moins sur ce plan jusqu’ici relativement peu abordé dans l’historiographie.

Plan d’une structure de circulation à proximité de la maison 6

1 commentaire. Ecrire un commentaire

  1. Que de souvenirs…! C’est plaisant de voir le résultat de ce que l’on a fait ! Ce fut une belle fouille.
    La proto doit forcément conquérir le coeur de tout/es ceux /celles qui passent par là…! hihi =)

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