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Fortifications oubliées du sud de la Corse

LE MASSIF DE L’OSPEDALE

CASTEDDU DI A CUPERCHJATA

Le toponyme CASTELLO DELLA CUPERCHIATA est visible sur le PlanTerrier au rouleau 35 (ADCS). Il est situé sur la commune de San Gavinu di Carbini.

Situé sur l’arête sud est de la Punta di Valle Maggiore à laquelle il a donné son nom, à une altitude de 530 mètres environ, ce casteddu est simplement constitué d’une pointe rocheuse dominant les environs d’une trentaine de mètres, flanquée au nord d’une terrasse.

Les seuls aménagements visibles sont constitués d’une rampe et d’un escalier sommaires aboutissant entre le sommet et la terrasse pré cités.

La rampe d'accès.

CASTEDDU MURATU

Le toponyme PTE DE CASTELLO MURATO apparaît sur le cadastre napoléonien de Porto Vecchio section B dite de Palavese feuille 2 dressée en 1859 (ADCS).

Le site a été signalé dans les années cinquante par M. GROSJEAN, il domine de 400 mètres le CASTEDDU D’ARAGHJU. Il est aujourd’hui très difficile d’accès surtout après les incendies du début des années 90. Il coiffe l’extrémité méridionale d’un petit plateau à environ 600 mètres d’altitude sur l’arête sud de la Punta di Mola. Ce plateau est défendu par des à pics à l’ouest et par une belle enceinte, assez bien conservée, sur ses autres cotés. Cette enceinte est percée d’un accès au nord. A l’intérieur du casteddu on peut noter quelques structures dont il est difficile de déterminer l’usage. On s’avancera quelque peu à dater cette enceinte de l’Age du Bronze.

 

L'enceinte vue de l'est.

CASTEDDU DI U DIAMANTI

Cette fortification est évoquée à la page 424 de LA CHRONIQUE MEDIEVALE CORSE de Madame MARCELLESI, La Marge Editions 1998 : « Puis le Comte (POLO) fit refaire les châteaux de la PETRA TORTA, de CERVELLO et du DIAMANT ». On peut situer cette « réédification » vers 1460.

Un peu à l’ouest du sommet de la PUNTA DI U DIAMANTE, dans la foret de l’Ospedale, le Plan Terrier mentionne un CASTELLO URSAGGIOLO.

Il ne fut pas très difficile de trouver les ruines de ce casteddu médiéval posé sur une étroite plateforme dominant la forêt alentour et bénéficiant d’un panorama exceptionnel sur l’Alta Rocca. Au cours de l’escalade on aperçoit quelques restes de maçonneries hourdées à la chaux. Sur la plateforme sommitale, marquée par un bloc rocheux caractéristique, on discerne à peine une partie des arases du donjon qui contrôlait le seul accès possible : la face nord est. Les autres faces du site sont vertigineuses, surtout au nord.

 

Vue depuis Carbini.

CASTEDDU DI L’ACCINTU

Cette fortification est évoquée  dans un acte notarié partiellement retranscrit dans un ouvrage de  François De Lanfranchi (Bacinu, mémoires d’une route. Editions du Maquis 2004).  Le 12 novembre 1590 , le lieutenant de Sartene, Policarpo Doria convoque les hommes et peuples de Levie « nel acinto del castello della Tasciana » c’est à dire, littéralement, « dans l’enceinte du château de la Tasciana ». Cette visite était motivée par le règlement de litiges territoriaux. Au passage, on pourra regretter que seul subsiste de nos jours le terme générique d’Accintu (enceinte) pour désigner cette fortification du massif de la Tasciana.

On accède à celle ci depuis le massif forestier de  l’Ospedale en gravissant au passage la Punta di A Vacca Morta. Rendu sur place, on découvre une enceinte, assez bien conservée, caractéristique de l’Age du Bronze. La superficie du casteddu est supérieure à 2000 m2.  Malgré le document du lieutenant de Sartene on restera perplexe devant l’éventualité de l’existence d’une place forte médiévale à cet endroit. Pour connaitre nombre de casteddi – nids d’aigles du quinzième ou du seizième siècles, ce Casteddu di A Tasciana  nous apparait, pour le moins, complétement atypique de cette période. Son isolement ne suffit pas à compenser l’absence totale de difficultés d’accès naturelles si caractéristiques des fortins de la fin du moyen age : Diamanti, A Samulaghja, Rocca Tagliata, Foce d’Ortu (« terribillissima e spaventata »), A Petra di Tutti (« diabolica ») !

 

 

Casteddu di A Tasciana : vue Sud-Nord.

Casteddu di A Tasciana : tracé de l'enceinte.

LE MASSIF DE LA TIA

La région de la TIA flanque le massif de Cagna à l’est. Elle est hantée par la légende du Conti Pazzu, personnage mythique qui passait l’été à la plaine et l’hiver à la montagne et qui ferrait ses chevaux à l’envers. Cette légende se retrouve aussi dans le nord de la Corse, en Castagniccia. Dans l’une et l’autre région elle s’adosse sur des sites archéologiques fortifiés prés historiques ou médiévaux. Dans le nord, ce sont les castelli médiévaux de L’Unghjaccu (Linguizetta), A Fuata-Monte Picciolu (Chjatra di Verde) et I Muteri (Perelli d’Alisgiani) .Dans le sud ce sont les casteddi pré historiques de A Tia et de Chirghinu Visconti.

Ces deux casteddi méridionaux sont rapidement évoqués dans L’AVENTURE HUMAINE PREHISTORIQUE EN CORSE de François De Lanfranchi et Michel Claude Weiss Editions Albiana 1997.

« L’Age du Bronze Moyen : des groupes bien structurés

…page 319..l’étage inférieur (de 0 à 600 m) avec de nombreux casteddi ; les plus connus sont Ceccia, Bruschiccia, Tappa, Araghju, Torre , Valle (Vaddi). Il s’agit du groupe de piaghja qui est relié à ceux de la montagne par les grandes voies naturelles bordées par les casteddi relais de l’Accintu, A Tia, Quirghinu Visconti, A Meda, etc. Une seule statue menhir armée à Valle (Vaddi) et une statue anthropomorphe à Torre

. ..Page 322..Dans la montagne, de Cagna jusqu’à l’Incudine, les emplacements du Bronze Moyen sont des éperons rocheux (Quirghinu Visconti, A Tia, Accintu, Milaonu etc.) ».

CASTELLUCCIU – A TIA

Il s’agit d’un toponyme porté sur IGN au point coté 784 m qui termine la crête de la TIA, à son extrémité oriental, au dessus du tunnel de Baccinu, sur la commune de Sotta. L’accès se fait depuis la fontaine de Niellone à l’aide du chemin de captage de celle ci que l’on doit quitter pour tracer sa route à travers une jeune pinède. On peut voir immédiatement à l’ouest du sommet pré cité, dans un petit collet, quelques aménagements (terrasses, soutènements, escalier) qui n’évoque en aucune façon un site fortifié mais simplement un habitat sommaire exploitant un point de vue périphérique sur une grande partie de l’extrême sud. Il semble que M. DE LANFRANCHI lui a attribué le nom de CASTEDDU DI A TIA.

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